Peu de combats politiques ont eu une portée aussi universelle que le droit de vote des femmes. En France, l’ordonnance du 21 avril 1944 a marqué un tournant : les femmes devenaient électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes, comme le rappelle le site Vie publique (site gouvernemental français). Quelques mois plus tard, le 29 avril 1945, elles se rendaient aux urnes pour la première fois. Ce dossier explore la chronologie mondiale de cette conquête, ses pionnières et les inégalités qui subsistent.

Premier pays au monde : Nouvelle-Zélande (1893) ·
France : droit accordé : Ordonnance du 21 avril 1944 ·
Premier vote des Françaises : 29 avril 1945 (municipales) ·
Dernier pays en Europe : Liechtenstein (1984)

Aperçu rapide

1Faits confirmés
2Ce qui reste incertain
  • Certains territoires non souverains (Île de Man, Wyoming) ont accordé le droit de vote avant la Nouvelle-Zélande, ce qui brouille la chronologie (Oxfam France)
  • Dans plusieurs pays, le droit de vote théorique coexiste avec des obstacles pratiques (enregistrement, intimidation) (Oxfam France)
3Signal chronologique
4Et après

Voici quelques chiffres clés qui résument l’histoire du suffrage féminin.

Chiffres clés du droit de vote des femmes
Indicateur Valeur
Nombre de pays ayant accordé le droit de vote avant 1900 2 (Nouvelle-Zélande et Australie – partiel)
Année du droit de vote des femmes en France 1944
Première élection avec vote des femmes en France 29 avril 1945 (municipales)
Dernier pays européen à accorder le droit de vote Liechtenstein (1984)
Pourcentage de pays avec suffrage féminin en 2025 100 % (en droit)

Quand les femmes ont-elles obtenu le droit de vote en France ?

Le droit de vote des femmes en France est officiellement reconnu par l’ordonnance du 21 avril 1944, signée par le général de Gaulle. Ce texte dispose que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes », selon Vie publique (site gouvernemental français). C’est le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) qui a porté cette mesure, dans un contexte de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.

La date exacte et le premier vote

  • Ordonnance : 21 avril 1944 (Vie publique)
  • Premier vote municipal : 29 avril 1945 (Oxfam France)
  • Premier scrutin national : 21 octobre 1945 (Le Monde)

La France était en retard par rapport à d’autres nations : la Nouvelle-Zélande (1893) et la Finlande (1906) avaient déjà ouvert la voie. Ce retard s’explique par un contexte politique conservateur et une forte opposition dans l’entre-deux-guerres.

En résumé : La France a accordé le droit de vote aux femmes en 1944, mais les Françaises n’ont exercé ce droit pour la première fois qu’en avril 1945. Pour les historiennes et historiens, ce décalage illustre les résistances politiques de l’époque.

L’ordonnance de 1944 a donc posé le cadre légal, mais la mise en œuvre a pris un an supplémentaire.

Quels pays ont accordé le droit de vote aux femmes et à quelle date ?

Le tableau ci-dessous offre une comparaison des dates pour plusieurs pays.

Comparaison internationale des dates du droit de vote des femmes
Pays Année du droit de vote Éligibilité Source
Nouvelle-Zélande 1893 1919 Histoire & Civilisations / etatcivil.pw
Finlande 1906 1906 Le Monde
Australie 1902 (fédéral) 1902 Histoire & Civilisations
France 1944 1944 Vie publique
Italie 1945 1945 Le Monde
Belgique 1948 1948 Oxfam France
Suisse 1971 (fédéral) 1971 Le Monde
Arabie saoudite 2015 (municipales) 2015 Oxfam France

Le constat est clair : l’Europe occidentale a souvent tardé à accorder le suffrage féminin, malgré les avancées précoces de la Finlande. La Suisse, le Liechtenstein et l’Arabie saoudite figurent parmi les derniers pays à avoir intégré ce droit.

Qui a défendu la loi sur le droit de vote des femmes ?

Figures françaises et internationales

  • Hubertine Auclert : militante française du XIXe siècle, pionnière du combat suffragiste (Oxfam France)
  • Louise Weiss : figure majeure du féminisme français, elle a milité pour le droit de vote dans l’entre-deux-guerres
  • Emmeline Pankhurst : dirigeante des suffragettes britanniques, elle a radicalisé la lutte pour le suffrage (Le Monde)
  • Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton : figures américaines du mouvement suffragiste
  • Kate Sheppard : icône du combat néo-zélandais, elle a mené la campagne victorieuse de 1893 (Histoire & Civilisations)

Le rôle des militantes a été crucial : sans leur obstination, les avancées législatives auraient pu être encore plus tardives. Leur action a transcendé les frontières.

Quel est le premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes ?

La Nouvelle-Zélande est reconnue comme le premier pays souverain à avoir accordé le droit de vote aux femmes, le 19 décembre 1893. Comme le rappelle Histoire & Civilisations (magazine historique), le droit de vote était accordé aux femmes de plus de 21 ans. Toutefois, le droit d’être élue ne viendra qu’en 1919, selon certaines synthèses (etatcivil.pw).

Pourquoi la Nouvelle-Zélande ?

Le contexte social néo-zélandais, marqué par un fort mouvement féministe et un gouvernement progressiste, a permis cette avancée. Kate Sheppard et ses alliées ont recueilli des milliers de signatures et organisé des pétitions massives.

Ce qu’il faut retenir

La Nouvelle-Zélande reste la pionnière mondiale, mais le droit d’éligibilité a été accordé plus tard. Les pays qui ont suivi (Finlande, Australie) ont souvent accordé les deux droits simultanément.

Cette distinction chronologique entre vote et éligibilité reste un point important pour comprendre la progression des droits politiques des femmes.

Quels pays n’ont toujours pas le droit de vote des femmes ?

En 2025, aucun pays ne refuse officiellement le droit de vote aux femmes. Mais des restrictions de facto persistent. Oxfam France (organisation de solidarité internationale) souligne que des obstacles comme l’enregistrement, l’intimidation ou les normes culturelles limitent l’exercice du suffrage. L’Afghanistan, sous le régime taliban depuis 2021, a réduit les droits des femmes, y compris le vote. L’Arabie saoudite n’autorise le vote féminin que depuis 2015 et impose des restrictions pratiques.

Le Vatican, en tant que monarchie élective, n’a pas de processus électoral ouvert aux femmes. Cependant, il ne s’agit pas d’une privation officielle du droit de vote.

Chronologie mondiale du droit de vote des femmes

  • 1869 : Territoire du Wyoming (États-Unis) accorde le droit de vote aux femmes
  • 1893 : Nouvelle-Zélande, premier pays souverain
  • 1906 : Finlande, premier pays européen (Le Monde)
  • 1918 : Royaume-Uni (femmes de plus de 30 ans, égalité en 1928)
  • 1920 : États-Unis (19e amendement)
  • 1944 : France (ordonnance) (Vie publique)
  • 1945 : Premier vote des Françaises
  • 1971 : Suisse (niveau fédéral)
  • 1984 : Liechtenstein (dernier pays européen)
  • 2015 : Arabie saoudite (élections municipales) (Oxfam France)

Cette chronologie montre une progression irrégulière, avec des avancées précoces dans les colonies et les jeunes nations, et des retards marqués en Europe continentale.

Faits confirmés et zones d’incertitude

Faits confirmés

  • La Nouvelle-Zélande est le premier pays souverain à accorder le droit de vote aux femmes en 1893 (Histoire & Civilisations)
  • La France a accordé le droit de vote aux femmes par l’ordonnance du 21 avril 1944 (Vie publique)
  • Les Françaises ont voté pour la première fois le 29 avril 1945 (Oxfam France)

Ce qui reste incertain

  • Certains territoires non souverains (Île de Man, Wyoming) ont accordé le droit de vote avant 1893, ce qui complète la chronologie mondiale
  • Dans plusieurs pays, le droit de vote théorique coexiste avec des obstacles pratiques (enregistrement, intimidation) (Le Monde)

Ces nuances rappellent que l’histoire du suffrage féminin n’est pas linéaire.

Témoignages et citations

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. »

— Général de Gaulle, ordonnance du 21 avril 1944 (source Vie publique)

« Nous ne demandons pas la faveur, nous demandons la justice. »

— Hubertine Auclert, militante française (citée par Oxfam France)

« La justice et la démocratie triomphent. »

— Kate Sheppard, après l’adoption du droit de vote en Nouvelle-Zélande (source Histoire & Civilisations)

Ces voix placent le combat pour le suffrage au cœur de l’idée démocratique. Leur héritage perdure dans les mobilisations actuelles pour l’égalité politique.

Résumé et perspectives

Le droit de vote des femmes est aujourd’hui un acquis juridique mondial, mais son histoire est marquée par des avancées inégales et des résistances tenaces. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : il a fallu plus d’un siècle entre la Nouvelle-Zélande (1893) et l’Arabie saoudite (2015). Pour les citoyennes françaises et européennes, ce combat rappelle que la démocratie ne se décrète pas : elle se conquiert et se défend. Le vrai défi du XXIe siècle sera de transformer ce droit formel en une participation réelle, partout dans le monde.

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Questions fréquentes

Le droit de vote des femmes est-il universel aujourd’hui ?

En droit, oui : tous les États reconnaissent le suffrage féminin. Mais des obstacles de fait subsistent dans plusieurs pays (source Le Monde).

Quels obstacles restent pour le droit de vote des femmes dans certains pays ?

Difficultés d’enregistrement, intimidation, normes culturelles restrictives. L’Afghanistan a supprimé de facto ce droit sous les Talibans (Oxfam France).

Comment le droit de vote des femmes a-t-il évolué en France ?

Reconnu en 1944, premier exercice en 1945. La France a été en retard par rapport à d’autres pays européens (Finlande, Royaume-Uni).

Quelle différence entre suffrage universel et droit de vote des femmes ?

Le suffrage universel inclut tous les citoyens sans distinction de sexe. Le droit de vote des femmes en est un volet historique.

Pourquoi la Suisse a-t-elle attendu 1971 pour accorder le droit de vote aux femmes ?

Référendum fédéral en 1971, après des décennies de résistance politique et culturelle (Le Monde).

Quel est le rôle des suffragettes dans l’obtention du droit de vote ?

Les suffragettes, menées par Emmeline Pankhurst, ont utilisé des actions spectaculaires pour faire pression sur le gouvernement britannique (Oxfam France).